mercredi 21 juin 2017

Le tournant missionnaire

Le tournant missionnaire de nos communautés



Ce tournant missionnaire affecte la « pastorale ordinaire » qui s’oriente vers la croissance des croyants, la rencontre des personnes qui bien que baptisées, ne vivent pas les exigences de leur baptême, « qui n’ont pas une appartenance du cœur à l’Église et ne font plus l’expérience de la consolation de la foi », el’activité proprement missionnaire  par  laquelle  l’Église  annonce « lÉvangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé. » (EG 15) Ainsi, chacun est concerné quel que soit son lieu d’engagement et le service ecclésial auquel il est appelé. Ce faisant, ce tournant missionnaire est susceptible de renouveler autant la pastorale ordinaire, ses pratiques anciennes ou habituelles que de susciter des pratiques nouvelles à destination des baptisés qui n’ont plus d’appartenance de ur à l’Église ou de ceux qui ne connaissent pas le Christ et son Évangile. Adhérer à la vision suivant laquelle « laction missionnaire est le paradigme de toute tâche de l’Église » (EG 15), c’est dire que toute activi ecclésiale, même la « pastorale ordinaire », aura une orientation missionnaire. Nos pratiques, nos structures, nos habitudes pastorales en seront profondément affectées. Il ne s’agit donc pas de créer, à côté ou en marge de nos programmes ou activités actuelles, un volet missionnaire à destination de ceux qui ne connaissent pas le Christ. Il s’agit de convertir l’ensemble de lactivité pastorale, la rendant plus missionnaire. Évidemment, toutes les activités pastorales ne sont pas nécessairement nommées dans ce document, mais les orientations qui y sont données s’adressent à l’ensemble de celles-ci. Le pape le précise clairement en proposant un « style évangélisateur » qu’il « invite à assumer dans l’accomplissement de toute activité. » (EG 18) Aucune activité n’échappe donc à cette conversion missionnaire ou n’est soustraite aux révisions et au renouveau qui s’impose.

« Jespère que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens cessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont ». (EG 25)

Devenir une Église en sortie commande une conversion des cœurs et des mentalités, une conversion des pratiques ou des modes d’agir, conversion également des cadres juridiques et des organisations, conversion sur le plan de l’affectation des ressources et du redéploiement du personnel, etc. Dans les pages qui suivent, nous considérerons brièvement trois de ces niveaux.

Source : Assemblée des Évêques catholiques du Québec, 2016


mercredi 24 mai 2017

Sainte-Marthe : non à une Église tranquille, confortable, tiède
Une Église qui a peur de chasser le seigneur argent n’est pas l’Église de Jésus
Messe Du 23 Mai 2017 À Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano
« Le mauvais esprit préfère une Église tranquille sans risques, une Église des affaires, une Église confortable… tiède », a souligné le pape François lors de la messe du 23 mai 2017 à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Une Église qui a peur de chasser le seigneur argent, a-t-il averti, n’est pas l’Église de Jésus.
Sur le chemin de la conversion, on ne peut rester « tranquille », a estimé le pape dans son homélie matinale rapportée par Radio Vatican en italien : quand le peuple est tranquille, il persécute les prophètes qui dérangent, il se contente d’un « esprit de tiédeur » qui rend l’Eglise « tiède ». « Dans l’Église, a dénoncé le pape, quand quelqu’un dénonce toutes les formes de mondanité, il est regardé avec suspicion, cela ne va pas, mieux vaut qu’il s’éloigne ».
« Je me souviens sur ma terre, a confié le pape argentin, de beaucoup, beaucoup d’hommes et de femmes, de bons consacrés, pas idéologues, mais qui disaient : ‘Non, l’Église de Jésus est ainsi…’ – ‘celui-là est communiste, dehors !’, et ils les chassaient, les persécutaient. Pensons au bienheureux Romero… cela est arrivé pour dire la vérité. Et beaucoup, beaucoup, dans l’histoire de l’Église, ici aussi en Europe ».
« Pourquoi ?, s’est demandé le pape. Parce que le mauvais esprit préfère une Église tranquille, sans risques, une Église des affaires, une Église confortable, dans le confort de la tiédeur, tiède ». « Le mauvais esprit entre par les poches », a -t-il prévenu : « Quand l’Église est tiède, tranquille, toute organisée, qu’il n’y a pas de problèmes, regardez où sont les affaires ».
Dans la première lecture (Ac 16, 22-34), Paul et Silas emprisonnés, « priaient et chantaient les louanges de Dieu », conduisant à la conversion du geôlier qui « laissa déborder sa joie de croire en Dieu ». Pour le pape, « c’est le chemin de notre conversion quotidienne : passer d’un état de vie mondain, tranquille sans risque, catholique, oui… mais tiède, à un état de vie de la vraie annonce de Jésus Christ, à la joie de l’annonce du Christ. Passer d’une religiosité qui regarde trop les bénéfices, à la foi et à la proclamation : ‘Jésus est le Seigneur’ ».
« Une Église sans martyrs suscite la méfiance ; une Église qui ne prend pas de risque suscite la méfiance ; une Église qui a peur d’annoncer Jésus Christ et de chasser les démons, les idoles, l’autre seigneur, qu’est l’argent, n’est pas l’Église de Jésus », a insisté le pape François.
En conclusion, il a souhaité aux baptisés « une jeunesse renouvelée, une conversion d’une façon de vivre tiède à l’annonce joyeuse que Jésus est le Seigneur ».